J'ai l'impression de mourir en voyant la route courir. Je me souviens encore de notre premier regard, comme on se souvient de sa première histoire.
C'est amusant, les arbres me semblent morts. Ils ont tellement l'air absents de ce monde, tellement tristes d'essayer de survivre au froid et à la tempête, si malheureux de n'être rien lorsque les périodes de grands froids se font terriblement sentir.__Ils essayent de copier les nuages qui eux m'imitent.
La pluie, quel beau phénomène de la nature. J'aime la pluie, je me sens moins seule à pleurer quand elle se présente. Les gouttes d'eau glissent sur les vitres.__ Comme pour mes larmes.__ Je suis leur chemin descendant vers l'enfer. __ Auquel je suis habituée.__ La pluie est tellement fine par moment que je me demande comment fait-elle pour ne pas mourir en atterrissant sur les carreaux.__ Il faudrait qu'elle m'apprenne à ne pas mourir.
Je me souviens encore de notre premier regard. Je me souviens encore de notre dernier baiser.
L'amour. Sentiment incontrôlable. Quand il vous touche, vous êtes enfermés dans un monde tellement beau et laid à la fois. Beau, mon monde l'était oui. Il était magnifique même je dirais. Un monde où tout était exceptionnel quand j'avais encore des ailes. Je me sentais vivante et morte à la fois. Je vivais et mourrais en même temps. Je t'aimais et te haïssais simultanément.__Sentiments inverses, sens contraire, mon monde parfait.Je
ris encore quand je repense à une scène en voyant le ciel pleurer. Je ris et je pleure en même temps, oui vraiment, l'amour est quelque chose d'invraissemblable.__Une scène magnifique grâce à la pluie.
C'était au temps de "toi et moi" encore, au début d'un amour qu'on voulait qu'il dure toujours. J'étais dans la rue, marchant sans savoir où j'allais mais sachant que j'allais à ta rencontre.__ Tous les chemins mènent à Rome, mon amour me menait à mon homme.__ En un clin d'oeil, en un claquement de doigt, sans que je m'en sois aperçue, une énorme averse s'était abattue sur la ville dans laquelle nous étions. J'étais trempée jusqu'aux os, j'étais gelée de la tête aux pieds. __ Mon coeur était enflammé.Je ne savais pas d'où tu venais mais tu m'es apparu au bout de la rue. Tu m'as vue et tu as couru. Je me remémore encore tes paroles.- Mon Dieu, qu'est-ce que tu fais dehors par un temps pareil ? Me demandas-tu.
- Regarde comme c'est joli la pluie, répondis-je.Le regard vers le ciel, j'abaissai la tête et vis que tu me souriais. Tu me disais souvent que j'étais restée une enfant. Mais ton sourire était le fruit de mes gestes, ton regard le noyau de mon comportement, tes baisers le moteur de mon coeur.
On restait tous les deux sous cette pluie, tu devenais aussi trempé que moi mais peu importe, du moment que tu étais là. Tu enlevais ta veste pour la mettre au dessus de nous, un parapluie qui nous protégeait, une intimité refermée.__ Je pris un bout du tissu trempé, toi l'opposé, tu me pris la main, un contact que je n'oublierai jamais.__ La pluie s'était accentuée.
Tu marchais à mes côtés. Mon coeur palpitait. Qu'importe si on t'attendait me disais-tu, tu préférais me protéger. Mon coeur accélérait. On marchait vers l'hôtel pendant que les inconnus couraient en passant à nos côtés.__ Nos rires s'étaient mêlés, notre amour brillait.On arrivait devant l'hôtel, les nuages sombres s'étaient dédoublés. Je ne voulais briser notre lien, toi de même. On restait devant l'immeuble, sous la pluie. - On est arrivé mademoiselle, murmuras-tu.
- Reste avec moi, te demandai-je.Ton sourire chassait les nuages, pas ceux du ciel mais ceux de mon coeur.
Tu hochais la tête en signe d'approbation, et j'ai osé mon amour. Malgré la pluie, malgré nos corps trempés. Mes lèvres se sont déposées sur les tiennes. __ Ma gourmandise interdite.Je lâchais ta veste, toi de même. L'eau glissait sur nos visages, sur nos lèvres qui se touchaient, qui se réclamaient lorsqu'elles se séparaient. Tes mains tenaient mes hanches, les miennes passaient derrière ton cou. Je me souviens que tu n'avais pas une de tes fidèles casquettes en ce jour de pluie, tu savais que je te dévorais du regard encore plus que d'habitude quand tu ne portais qu'un simple bandeau.
Je sentais une goutte de pluie se faufiler entre notre baiser, ce qui nous fit sourire. Je sentais que mon coeur était achevé quand mes lèvres touchaient les tiennes, ce qui me fis un peu plus mourir.Les passants pressés ne firent pas attention à nous. Qu'importe. La pluie gelée tombait rapidement sur nous. Qu'importe. Tes baisers tuaient ce "nous".__ Qu'importe.La pluie me fait revivre ce moment de bonheur, je meurs de nouveau en repensant que tu as tué mon coeur.
T_o_m
La nuit est tombée. J'aime la nuit, elle est si mystérieuse, si calme qu'elle me fait planer. Elle te ressemble, si calme mais si fragile à la fois.__ Je suis épuisé, vraiment, je n'en peux plus.
Bill s'est acharné comme un fou à chanter aujourd'hui. J'aimerai avoir son énergie combinée à la tienne. Tu es telle une pile électrique comme je te vois de bonne humeur. Bill est pareil que toi, plus sa bonne humeur est grande, plus si est agité et pénible.__ Oui, tu es pénible dans ses moments là mais je t'aime comme tu es.Enfin. Enfin, on peut renter. Enfin, je vais revoir ton beau visage. David a voulu nous tuer lors de ses interviews qui s'enchaînaient, ses séances photos qui me rendaient aveugle, ses heures sans voir tes yeux d'un gris hypnotisant.__ Je me rappellerai toujours de la première fois où nous nous sommes prouvés notre amour, comme on se souvient de son premier coup de foudre.__ Il porte ton prénom.Je n'aime pas le moment que je passe dans le van. Je suis le seul qui soit à peu près éveillé à l'exception de Gustav qui admire le paysage de Munich, plus d'une dizaine de fois qu'on vient dans cette ville. J'admire la patience, le calme de Gustav. Tu as des traits de comportement communs avec lui. Calme, patiente. Calme pareille à la nuit, patiente en m'attendant chaque jour qui passe depuis le début de notre histoire.
Bill est perturbé, agité.- Qu'est-ce qui se passe ?
- Je sens que quelque chose va se passer, me répond-t-il, et ça sera mauvais.
- T'es simplement fatigué, à force de bouger comme une puce, lance Gustav, tu vas bien dormir ce soir et ça passera.
- Hum... peut-être oui, termine Bill.Il détourne le regard vers l'extérieur, Gustav n'avait pas lâché le sien du paysage urbain. Georg dort, comme une marmotte. Le mauvais présage de Bill me fait poser des questions.__ A propos de toi mon ange.La voiture s'arrête, Bill réveille notre bassiste qui sursaute légèrement, Gustav descend du véhicule, je fais de même. Je marche un peu plus vite que les autres à l'intérieur de l'hôtel.__J'en peux plus, mes yeux veulent capturer les tiens.__ J'attends les trois autres qui arrivent, imitant les zombies. Bill veut passer à la réception pour savoir le programme laissé par David quand nous étions absents et lui ici.- Tenez Mr Kaulitz, lance le réceptionniste à mon frère.
- C'est quoi ? Demande Georg en baillant.
- La liste de ce qu'on va faire demain, répond Bill, je la lirai avant d'aller en studio.Je
suis Bill qui part vers les ascenseurs quand je vois que le réceptionniste me regarde bizarrement, voire méchamment. Les portes se referment, je le vois qu'il me montre une clé. Je ne fais pas attention. Bill me demande si, d'après moi, tu serais contente d'aller faire les boutiques avec lui dans deux jours. Je répond que oui, c'est votre activité préférée à tout les deux, votre moment à tous les deux que j'envie quelques fois. Non, envier n'est pas le mot, jaloux est plus approprié. Je suis jaloux. Pas de Bill, tu es comme une soeur pour lui, je suis jaloux du temps que vous passez tous les deux.__ Depuis combien de temps n'avons nous pas eu un moment rien que toi et moi ?Le
joyeux "diiing" de l'ascenseur me fait sortir de mes pensées. Bill s'en va dans sa chambre en me souhaitant une bonne nuit, Gustav et Georg me souhaitent la même chose en choeur. Je marche le long du couloir quand je vois la porte de notre chambre ouverte, la lumière allumée. Je souris en pensant à toi, tellement distraite.
Une vieille femme sort de sa chambre et me fixe. J'ai horreur de ses regards là, pourtant, je devrais être habitué depuis le temps que le groupe est connu mais non, les gens qui me fixent de cette façon m'énerve. En une fraction de seconde, mes yeux perdent sa vue, ils ne la voient plus.__ Qu'importe.Je pousse discrètement la porte de la chambre, voulant te surprendre. Mes yeux balayent la pièce mais ils ne te voient pas. Je referme la porte et pars vers la salle de bain où je pense te voir mais je ne retrouve pas ta silhouette. Je me dirige vers la fenêtre, il pleut toujours. Un sourire naît sur mon visage.__ La pluie nous appartient, j'aime ce souvenir bébé.Je m'assois sur le lit me demandant où as-tu pu passer quand mon regard se dirige vers l'oreiller où une lettre est posée.__ L'orage arrive.Je prends cette lettre et vois mon prénom d'écrit.__ Je reconnaiterai ton écriture, même aveugle. __ Je me demande pourquoi l'encre a coulé, as-tu écrit dehors sous la pluie ou as-tu pleuré mon amour ? J'ouvre délicatement, aperçois une lettre pliée en quatre. Je pose l'enveloppe sur le lit, me disant que ce papier m'explique ce que tu fais en ce moment. Malheureusement, la vérité est tout autre.__ Bill, tu avais raison, ton mauvais présage se réalise, sous forme d'adieu.♫ Die Welt soll schweigen,
und für immer einsam sein Je tiens ta lettre dans ma main froide....
Te souviens-tu de notre premier regard ? Te souviens-tu de notre première danse ? De notre morceau de paradis qu'on s'était offert ? Te souviens-tu de combien fois m'as-tu dis "Je t'aime" ?La dernière phrase était si longue, qu'elle continue de me brûler
Notre premier regard s'est perdu dans le gouffre sans fond qu'est mon âme. Tellement ton amour est distant, j'ai fini par devenir son ombre.__ Notre première danse est devenue un flash, mais tu en redemandais comme moi je t'aimais, la danse de nos baisers était une sorte de garantie pour que "nous" dure toujours. Notre histoire était belle Tom, je l'aimais comme une folle, je t'aime à en mourir, je vais crever à force de trop t'aimer.
Je regrette de ne plus avoir ce temps, l'époque où le "nous" était plus imposant que maintenant, l'époque où tes putins de sourires à mon égard n'était pas un sanglant coup de poignard. Où tes foutus gestes n'étaient pas si modestes, où chaque baisers valaient une journée ensoleillée.Je la regarde, à chaque ligne, un sentiment meurt, il ne reste que l'obscurité
Regarde maintenant. Regarde à quel point tout cela est différent. Le temps où "nous" n'avait aucune signification sans "toi et moi" est devenu "toi puis moi", le temps où j'étais au paradis lorsque j'étais blottie dans tes bras, le temps où chaque regard durait infiniment, l'époque où "toi et moi" était plus fort que tout au monde, celui où je t'aimais toi.__ C'est fini, mon paradis se termine sous la pluie.Une averse de toi, ne m'aide pas beaucoup plus
Regarde l'enfer dans lequel tu m'as entraînée, regarde à quel point mon coeur est brûlé, regarde ce qu'il me reste, nous reste Tom. Un vide considérable, voilà ce qu'il reste de notre amour. Il a été réduit en cendres comme tu le fais avec une cigarette, il a été incendié tel nos baisers avant maintenant, il est mort bébé.Les vautours tracent des cercles au-dessus de notre secteur
Tu as tué notre amour, comme tu as tué mon coeur Tom Kaulitz Trümper.
Ils se rapprochent, nous poursuivent, ils nous veulent, toi et moi
Tout cela en si peu de temps. Mon coup de foudre, mon bel amour, mon bébé, mon ange... Te rappelles-tu de la dernière fois où je t'ai dit ces mots là ? Je me souviens de ton dernier "mon amour", c'était le dernier moment où j'ai senti que tu m'aimais. __ J'étais aveugle, terriblement aveugle. Aveuglée d'amour, de passion pour toi. Ma drogue était ta voix, mon bonheur avait pour nom tes regards, ton sourire ensoleillait mes nuits.Ca me tue car notre rêve est en ruines
Tu ne m'as jamais dit "je t'aime". Moi si, une fois. Les miens me paraissent trop amères, pas assez grands pour l'amour que je ressens.Nous sommes perdus, même si toutes les forces se réunissent, c'est fini
Je n'ai plus de coeur, tu me l'as volé. Je n'ai plus de bonheur, tu l'as brûlé. Je n'ai plus de vie puisque je me suis éloignée.
Les vautours effectuent leur danse macabre autour de notre secteur
Je m'en vais pour ne pas être plus bas que terre, je m'envole de mes ailes consumées d'un amour qu'on voulait "pour toujours". Je suis perdue depuis qu'on s'est vu.______ La fin de notre histoire, je la signe d'un "au revoir".Tuent la dernière trace de toi, et la dernière de moi
Je t'aime à en mourir et c'est déjà fait....Nous nous sommes aimés à mort
Au revoir et adieu...
______Chapitre deux parlant de la rupture, le titre était bien indiquateur.
Dans la lettre, les mots en gris moins foncés sont les paroles de Tom.
Je ne savais pas comment mettre les paroles de "Totgeliebt" dans le texte,
veuillez m'excuser de ce manque de clareté.
Conmmentaires constructifs !
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